Le mistral s’engouffre dans la vallée de l’Huveaune. Il est 15 heures, ce 18 juillet 1981, et la bastide aux volets mi-clos tremble sous les rafales. Cinq hommes cagoulés jaillissent d’une Peugeot 504 break. Lionel Collard, l’oreille coupée net, tient un tisonnier. Finochietti, l’instituteur qui se prend pour un as de la Luftwaffe, a glissé un Opinel dans sa ceinture. Ils s’attendent à trouver Jacques Massié, traître présumé du SAC marseillais. Au lieu de lui, ils tombent sur sa femme, ses beaux-parents, son fils de huit ans et un ami de passage. Marie-Dominique Massié reconnaît Collard à sa voix. Jules Jacquèmes, le beau-père, l’appelle par son prénom. Alors le légionnaire comprend qu’il n’y aura pas de témoins. Il fait monter tout le monde à l’étage et noue les cordes. L’attente commence. Elle dure trois heures.

Acte I — Le Serpent de mer
Marseille, printemps 1981. Le Service d’Action Civique est un serpent de mer. Fondé en 1960 par les grognards du Général — Pasqua, Foccart, Debizet —, le SAC aligne entre cinq et dix mille adhérents au début des années 1980. Sur le papier, une formation civique. Dans les faits, une milice parallèle. Dans les Bouches-du-Rhône, elle noyaute les syndicats, intimide les meetings socialistes, sous-traite la sécurité électorale au milieu corso-marseillais. La porosité entre le badge officiel et le calibre sous la veste est totale. Elle l’est toujours.
Jacques Massié, quarante et un ans, incarne cette zone grise. Brigadier de police à Marseille. Chef départemental du SAC. Un homme qui dort avec un .357 Magnum dans une sacoche de cuir marron. Depuis la tentative d’assassinat du 25 avril — deux tireurs à moto, des rafales qui déchirent la tôle de sa voiture à l’entrée d’Aubagne —, il ne se déplace plus sans scruter les collines aux jumelles. Il comprend : il dénonce ses propres hommes à la police. Il donne des noms. Il donne des adresses. Pour ses rivaux du SAC, Massié devient un cancer à extirper.
Son adjoint au sein du service, Jean-Joseph Maria, alimente le foyer. Maria est un idéologue sec. Là où Massié magouille, Maria croit. Il propage une rumeur méthodique : Massié s’apprête à livrer les listes d’adhérents et les dossiers confidentiels aux socialistes, maintenant que Mitterrand prend l’Élysée. L’accusation est un arrêt de mort en puissance. Le 10 mai 1981, l’alternance frappe comme une déflagration. La gauche entre au pouvoir. Les communistes entrent au gouvernement. Dans les permanences du SAC phocéen, on brûle des papiers. On décroche les téléphones. On transpire.
Le club est orphelin de sa couverture étatique. Depuis vingt ans, les barbouzes gaullistes bénéficient d’une immunité de fait. Protections policières. Fuites orientées. Dossiers enterrés. Tout cela s’évapore en une nuit électorale. La panique est organique. Elle remonte des sections locales jusqu’au bureau national de Pierre Debizet, secrétaire général, qui siège rue de Solférino à Paris.
Fin juin 1981. Un déjeuner discret réunit Debizet et Maria à Marignane. Les deux hommes évoquent le cas Massié. Les dossiers qu’il détient. La menace qu’il représente. Les participants sortent de table avec la certitude que quelque chose doit être fait. La nature exacte des consignes échangées ce jour-là reste un trou noir dans l’instruction — mais le calendrier ne ment pas. Dans les semaines qui suivent, la bastide d’Auriol est placée sous surveillance. Une Renault 14 rouge rôde près de l’église. Jacques Massié la repère. Le 10 juillet, lors d’un dîner avec sa sœur Marina et son futur beau-frère Georges Ferrarini, il confie avoir identifié l’instituteur Finochietti au volant, flanqué d’un certain Collard, un ancien légionnaire à l’oreille sectionnée. « Ils vont recommencer, pronostique-t-il, et cette fois pour aller jusqu’au bout. »
Il ne croit pas si bien dire. Maria réunit six hommes. Le problème Massié doit être réglé. Définitivement.
Acte II — La Bastide aux volets clos
Samedi 18 juillet. Le mistral ne faiblit pas. Il plaque une lumière blanche, calcaire, sur le hameau de la Douronne. La bastide des Massié se terre au bout d’un chemin de terre, volets tirés contre la fournaise. Cinq hommes en cagoule et masques chirurgicaux franchissent le portail à 15 heures précises. Lionel Collard mène le commando. Ancien du 2e REP, campagnes au Tchad, jugulaire et méthodique. À ses côtés, Jean-Bruno Finochietti, vingt-huit ans, instituteur le jour, admirateur d’Hitler la nuit, un Opinel dans la ceinture. Puis Didier Campana, Ange Poletti, Jean-François Massoni — postiers, militants de base, chair à canon docile du SAC.
Le plan est simple : s’emparer des mallettes de documents, enlever Massié, le liquider au calme. Mais la cible n’est pas là. Massié a quitté la bastide en empruntant le véhicule de Georges Ferrarini, laissant sa propre voiture en évidence pour tromper la surveillance. Paranoïa utile : elle lui offre quelques heures de sursis. À ses proches, elle inflige l’enfer.
Dans la bastide, cinq personnes. Marie-Dominique Massié, trente-quatre ans, l’épouse. Alexandre, huit ans, le fils unique, blond, endormi dans une chambre à l’étage. Jules et Emmanuelle Jacquèmes, les beaux-parents, retraités, présents pour l’été. Georges Ferrarini, vingt-six ans, le compagnon de Marina, venu aider aux travaux de maçonnerie — un chef de chantier est d’ailleurs attendu le lendemain matin.

Collard fait monter les cinq otages. Il les attache avec des cordelettes aux montants du lit et à la rampe d’escalier. Le légionnaire ne parle pas. Il organise. Il calcule. Trois heures de séquestration. Trois heures où le mistral racle les tuiles et couvre à peine les sanglots d’Alexandre. L’enfant a huit ans. Il ne comprend pas pourquoi des hommes au visage mangé par le tissu retiennent sa mère par les poignets.
Puis le masque de Finochietti glisse. Un geste maladroit. Le tissu chirurgical tombe. Marie-Dominique le voit. Elle le reconnaît. C’est le maître d’école de son fils. « Monsieur Finochietti… » La phrase s’étrangle dans sa gorge. Jules Jacquèmes, le beau-père, identifie Collard à son tour et l’appelle par son prénom. L’anonymat du commando vient de se dissoudre dans une seconde. Les otages savent. Ils savent qui sont leurs geôliers. S’ils survivent, ils parleront. Lionel Collard comprend immédiatement la mécanique. Il n’y a plus de scénario de rechange. Il n’y a plus d’extraction propre. Il n’y a qu’une équation militaire : zéro témoin.
Collard abat son poing sur la table. On les descend tous.
Acte III — Ce que le mistral a étouffé
18 heures. Le commando passe à l’exécution. Collard refuse les armes à feu — un coup de feu dans la vallée de l’Huveaune, et c’est tout le voisinage alerté. Il ordonne l’usage exclusif des armes blanches et de la strangulation. Le tisonnier en fer forgé de la cheminée devient l’instrument principal. La mise à mort est clinique. Froide. Systématique.
Jules Jacquèmes descend le premier. Le beau-père. Soixante-sept ans. Il tente de se défendre — on retrouve des touffes de cheveux arrachées à ses agresseurs, des fragments de lunettes incrustés dans le carrelage. Il est étranglé. Emmanuelle Jacquèmes suit. Même méthode. Même résistance désespérée. Puis Georges Ferrarini. Le jeune homme de vingt-six ans lutte. Il laisse les marques de ses ongles sur le lino. Il ne peut rien contre cinq hommes armés.
Reste Marie-Dominique. Reste Alexandre.
La mère supplie. Elle s’accroche à Finochietti. « Vous êtes son maître. Vous le connaissez. Épargnez-le. » L’instituteur ne répond pas. Il prend l’enfant dans ses bras. L’enfant est endormi — ou fait semblant de l’être. Finochietti le remet à Ange Poletti. Poletti saisit le tisonnier. Il frappe. Le crâne d’Alexandre cède au premier coup. Le corps du petit garçon est parcouru de soubresauts. Finochietti sort alors son couteau. Il l’achève de plusieurs coups de lame portés au thorax.
Marie-Dominique Massié est étranglée à son tour. Son corps rejoint les autres dans le salon transformé en abattoir. Six personnes. Six exécutions. Le mistral plaque les volethttps://zonedombre.fr/wp-content/uploads/2026/06/auriol_mine.jpgmurs, couvre les derniers râles, emporte les cris dans les garrigues.

La nuit tombe. Les corps sont enveloppés, chargés dans le coffre d’un véhicule. Jean-François Massoni et un complice prennent la route du Var. Direction les Mayons, une ancienne mine désaffectée dont l’entrée béante avale les secrets du département depuis des décennies. Les cinq cadavres — Jules, Emmanuelle, Marie-Dominique, Alexandre, Georges — basculent dans le puits. La roche les engloutit.
Pendant ce temps, Collard et le reste du commando restent embusqués dans la bastide obscure. Ils attendent. Le légionnaire a promis une chose à ses hommes : le traître rentrera. Il rentre toujours chez lui. À 3 heures du matin, des phares balaient la façade. Jacques Massié gare sa voiture. Il ne remarque rien. Il s’approche de l’entrée.
L’attaque est fulgurante. Un premier coup de couteau le déséquilibre. En réflexe de policier, il tente de fuir vers la rue. Finochietti le rattrape. L’instituteur le poignarde à nouveau, puis lui saisit la tête à deux mains et la fracasse contre l’arête du trottoir. Le médecin légiste consignera plus tard : le crâne de Massié est une coquille d’œuf défoncée, l’orifice assez large pour y passer le poing.
Collard fouille la bastide. Il trouve les deux mallettes de documents. Il les emporte. Le corps de Massié est chargé dans un second véhicule et transporté au col du Petit Galibier, dans le Var, où il est enterré à la hâte sous un lit d’aiguilles de pin. Puis Ange Poletti reste seul dans la bastide. Sa mission : brûler les traces. Il dispose des journaux sous les rideaux, allume des bougies, provoque des départs de feu. Mais les volets sont restés fermés. Sans oxygène, l’incendie s’étouffe. Le mistral plaque les fumées contre les tuiles, empêche les flammes de prendre. La scène de crime reste intacte. Figée comme une photographie judiciaire.
À l’aube, Collard et Campana se rendent chez leur commanditaire hiérarchique. Ils lui font leur rapport. Le mistral a tout étouffé — et pourtant, il a tout conservé.
Colonne de fumée. Au village, personne n’a rien entendu.
Acte IV — Sur l’écran noir de mes nuits blanches
Dimanche 19 juillet, 8 heures du matin. Jean Censi, un chef de chantier, arrive à la bastide pour des travaux de maçonnerie extérieurs. Il perçoit de la fumée qui s’échappe d’un volet entrebâillé. Au même instant, Marina Massié remonte l’allée au volant de sa voiture. Elle doit assister à un déjeuner familial. Elle ne trouve qu’un charnier.
La porte est ouverte. Marina entre. Les murs et le sol portent des traînées noirâtres. Du sang. Des lunettes brisées sur le carrelage. Une touffe de cheveux arrachée. Dehors, sur le parking, une chaussure pleine de boue et le pare-chocs d’une voiture maculé de traces sombres. Marina Massié compose le numéro de la gendarmerie. Sa voix ne tremble pas. Elle décrit ce qu’elle voit. Puis elle raccroche et attend, seule, dans l’odeur de cendre et de chair froide.
Le Service Régional de Police Judiciaire de Marseille est saisi dans l’heure. La juge d’instruction Françoise Llaurens-Guérin prend la direction des investigations. Une magistrate au cuir épais. Elle connaît Marseille. Elle connaît ses réseaux, ses protections occultes, sa capacité à digérer les corps et les preuves. Cette fois, elle ne laissera pas faire.
Les enquêteurs de l’identité judiciaire passent la bastide au peigne fin. Ils prélèvent. Ils photographient. Sur une bouteille de boisson gazeuse abandonnée dans la cuisine, ils relèvent une empreinte digitale parfaite. L’empreinte parle : elle appartient à Jean-Bruno Finochietti, instituteur à Auriol, militant du SAC.
Les interpellations s’enchaînent en quelques jours. Maria. Collard. Finochietti. Campana. Poletti. Massoni. Six hommes en garde à vue. Six silences. Ou presque. Finochietti tient quarante heures.https://zonedombre.fr/wp-content/uploads/2026/06/auriol_sketch.jpgres d’interrogatoire, de dénégations, de mâchoire serrée. Puis on lui présente l’empreinte. La bouteille. Il s’effondre.

L’instituteur se met à table. Il parle. Il dessine. Sur un bout de papier, il trace des lettres : A, B, C, D. Chacune désigne un complice. Puis il ajoute un Z. La lettre qui désigne celui qui donne l’ordre. Celui qui vient d’en haut. Finochietti intitule son croquis « Sur l’écran noir de mes nuits blanches. »
Le 22 juillet, guidés par ses aveux, les gendarmes exhument le corps de Jacques Massié au col du Petit Galibier. Le cadavre est dans un état de décomposition avancée, le crâne défoncé. Puis, le 30 juillet, Jean-François Massoni craque à son tour. Il livre l’emplacement du second charnier. Les enquêteurs convergent vers la mine désaffectée des Mayons. Des cordes. Des treuils. Des civières. Cinq corps putréfiés remontent du puits sous un ciel blanc écrasant.
La juge Llaurens-Guérin émet alors un mandat d’arrêt contre Pierre Debizet, secrétaire général du SAC. L’homme est incarcéré aux Baumettes. Le 24 juillet, Yves Destrem, ancien responsable régional, le rejoint en détention provisoire. La justice tente de remonter la chaîne de commandement. Elle se heurte à un mur.
Debizet nie. Je n’ai jamais donné l’ordre. Alors qui est Z ?
Acte V — Ce que la République a enseveli
Mai 1985. La cour d’assises des Bouches-du-Rhône siège à Aix-en-Provence. Vingt jours de débats. Les bancs de la presse sont pleins. Le box des accusés aussi — à l’exception de Jean-Joseph Maria, jugé séparément. Lionel Collard y hurle au « coup monté » et au « complot politique ». Finochietti, Campana, Poletti et Massoni plaident coupable. Leurs aveux sont circonstanciés, concordants, accablants. Collard y apparaît comme le pivot, le chef opérationnel qui ordonne le massacre des otages pour couvrir la fuite de l’anonymat.
L’avocat général Christian Lassale requiert les peines maximales. Il parle de « véritable boucherie. » La cour le suit. Le verdict tombe le 18 mai 1985 : réclusion crimhttps://zonedombre.fr/wp-content/uploads/2026/06/auriol_court.jpgétuité pour Jean-Joseph Maria, Lionel Collard et Ange Poletti ; vingt ans de réclusion pour Jean-Bruno Finochietti et Didier Campana ; quinze ans pour Jean-François Massoni.

Mais le procès des exécutants n’est qu’une moitié de la vérité. L’autre moitié reste dans l’ombre. Pierre Debizet bénéficie d’un non-lieu prononcé par la Cour de cassation. Aucune preuve matérielle ne relie le commandement parisien à la tuerie. Pas d’écoutes. Pas de notes manuscrites. Pas de trace écrite d’un ordre. Le Z que Finochietti désigne du bout de son crayon s’évapore dans les limbes de la procédure.
La République, entre-temps, agit. Dès le 3 août 1982, François Mitterrand dissout le SAC par décret. Le président confie à ses proches : « Ces gens-là sont encore très puissants. Ils essaieront de déstabiliser le régime. Ce qui est arrivé à Salvador Allende peut m’arriver. Je le sais. » Une commission d’enquête parlementaire siège pendant six mois. Elle auditionne 159 heures. Elle produit un rapport accablant. La droite refuse d’y participer et dénonce un tribunal politique. Les dossiers de Jacques Massié — ces fameuses mallettes remises par Marina à la juge dans le coffre de sa voiture — ne sont jamais versés au dossier. Leur contenu présumé — financements occultes, listes d’adhérents, chantages politiques — disparaît corps et biens.
Les années passent. Finochietti sort en 1994 après treize ans de réclusion. Il se reconvertit dans la vente de peintures sur les vide-greniers, oscillant entre l’Italie et la Biélorussie. En 2006, vingt-cinq ans après les faits, il accepte une confrontation avec Marina Massié dans les locaux de La Provence. Face à la seule survivante de la famille qu’il contribue à exterminer, l’ancien instituteur déclare, le regard fixe : « Je ne suis pas un monstre. J’adore les enfants. On n’était pas partis pour tuer une famille. Il y avait un conditionnement. »
Gilbert Collard, l’avocat qui défend Marina Massié — aucun lien de parenté avec le tueur Lionel Collard —, résume l’affaire d’une formule : « une omerta d’État. » Les pièces manquantes du dossier demeurent dans les limbes. Lionel Collard meurt sans avoir jamais parlé. Jean-Joseph Maria emporte ses secrets dans la tombe.
À Auriol, la bastide de la Douronne change de propriétaires. Le lotissement s’agrandit. Le mistral continue de balayer la vallée de l’Huveaune, imperturbable. Il emporte les poussières de calcaire, le chant des cigales, et ce qui reste d’une nuit où six personnes meurent parce qu’un masque chirurgical glisse d’un visage.
Quarante ans plus tard, Z reste un fantôme.
⏳ Chronologie de l’affaire
Faites défiler pour revivre les événements
La gauche arrive au pouvoir. Panique au SAC : Massié détient des dossiers compromettants.
Debizet, patron national du SAC, rencontre Jean-Joseph Maria. Maria repart persuadé d'avoir le feu vert.
Cinq hommes cagoulés investissent la bastide. Massié est absent. 5 otages sont ligotés à l'étage.
Descendus un par un. Jules Jacquèmes en premier. Alexandre, 8 ans, en dernier. Collard lance : « On les descend tous. »
Il comprend immédiatement. Court, trébuche, se fracasse le crâne. Finochietti l'achève à la gorge.
Marina Massié, la sœur, arrive à la bastide. Elle voit du sang, des cheveux, la bague de son frère.
Massié est retrouvé au col du Petit Galibier. Les 5 autres cadavres sont remontés de la mine des Mayons.
Le patron du SAC est inculpé de complicité d'homicide. Il nie : « Je n'ai jamais donné l'ordre. »
Cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Perpétuités pour les exécutants. Debizet bénéficie d'un non-lieu. Z reste un fantôme.
📍 Les lieux de l’affaire
Bastide du lotissement de la Douronne, Auriol, Bouches-du-Rhône